OliveOlivier-a propos

Vit et travaille à Nantes
contact@oliveolivier.com

Note de présentation

Ma pratique questionne la notion de « traces » et s’inscrit dans un contexte citationnel. Mon travail emprunte, cite, se réfère aussi bien à des auteurs qu’à des expressions idiomatiques ou à mes propres écrits. L’histoire de l’art, la philosophie, la politique ou les calembours visuels peuvent être convoqués, agissant tels des prétextes, matière première pour mettre en place des formes plastiques signifiantes.

Le langage est donc l’autre composante essentielle de mes recherches. Je le mets en scène au cœur de mes réalisations, ou juste à côté de celles-ci (cartels, références induites). Il y apparaît de façon ostentatoire ou en filigrane, « en creux », au moyen de divers procédés.

Si je privilégie les installations (la notion d’in situ traversant une partie de mon travail), je ne m’interdis pas de recourir à plus de langages formels. A titre d’exemple, je m’intéresse depuis peu aussi bien à d’autres médiums tels que l’édition qu’à d’autres champs d’études tels que l’archéologie.

Au-delà de la double problématique de ma démarche artistique qui s’articule autour des « traces » et du « langage », je tente de pratiquer un art du décalage, du « pas de côté ». Je conçois ma pratique comme une activité de recherche, un jeu sémantique et formel avec lequel j’essaye de générer de la pensée.

 Biographie

« La vie est courte, l’art est long, l’action périlleuse. »

À chacun son serment d’Hippocrate. OliveOlivier appartient à une génération tentée par l’inaction tant cette citation prend un sens lourd pour elle.

Connaissant l’immensité des champs explorés par ses prédécesseurs, ayant frôlé la mort, sachant sa fragilité, Olivier choisit néanmoins en 2003 de s’affirmer comme plasticien en devenant OliveOlivier.

Son art paraît fait de peu. On pourrait le croire « modeste » : un peu de craie sur du bitume, des trous de perceuse dans une planche, un peu de colle sur un mur, des cartes postales envoyées à des ami-e-s… Certaines œuvres tiennent presque de la blague (et vous avez le droit de rire).

Une chemise blanche col Mao (comme disait son chat), un pantalon et une veste écrus, les cheveux courts, les lunettes sobres… On ne dirait pas qu’il vient là risquer sa vie. Ou peut-être qu’il la sauve plutôt. Ou alors, il la vit plus intensément. Ah, c’est peut-être ça, l’art d’OliveOlivier donne plus d’intensité à la vie d’Olivier.

Et les autres ? Une œuvre peut-elle exister sans public ?

OliveOlivier ne le croit pas. À tel point qu’il est né sur scène, en public. À l’adolescence, Olivier a joué et chanté du blues sous le pseudonyme de Little Blue. Arrivé au bout de cette expérience, il a choisi de mettre en scène la fin du musicien et de le mettre à nu. Il brise son instrument sur scène après avoir interprété quelques morceaux lents, et se dévêt sous les acclamations d’un public surpris et enthousiaste devant le spectacle qui se présente à lui.

OliveOlivier est né lors de cette performance, qu’on pourrait qualifiée de « coming out ». Assumer ses désirs permet souvent de se faire des ami-e-s, mais cela peut engendrer des difficultés relationnelles avec d’autres, à commencer par ses proches.

« La vie est courte, l’art est long, l’action périlleuse. » Répétons-le.

De 2005 à 2009, il fait de la transformation de sa maison une œuvre. Il la nomme Sisyphe à ma porte. Et il laissa Sisyphe entrer. À deux, on est plus fort. On peut compter sur quelqu’un et jusqu’à l’épuisement.

Une fois sa maison refaite, Olivier a eu la force de quitter son nid pour s’installer à Nantes. D’aucuns rêvent d’un espace douillet et sont prêts à payer cher pour cela. Olivier avait besoin de refaire son (for-t) intérieur, mais c’est le monde qu’il habite. Il crée là où il vit, mais aussi là où il passe : Montpellier, Paris, Gruissan, Narbonne, Bordeaux, Berlin…

Son art relève de la relation aux lieux et aux personnes. Il vient révéler, faire apparaître ce qui ne se voit pas, il pointe, note, met en lumière. Il a une dimension politique, sans donner dans l’art militant. Il crée du collectif, tout en restant singulier. Il se réfère sans copier ni plagier.

L’exposition Palimpseste/trace(s) à l’Atelier Alain Le Bras à Nantes en septembre 2013 présentait une sélection des œuvres les plus abouties d’OliveOlivier. Sa préparation et son vernissage réunissaient de nombreuses personnes qui comptent pour lui, physiquement présentes ou non. Le catalogue de cette exposition est une œuvre en soi et quasiment un traité pour un Œuvre qui chemine.

Luc Brémaud